Le 8 mars, cette année, marque le 100ème anniversaire de la journée internationale de la Femme, symbole d’une lutte permanente pour l’égalité et la dignité. Ce centenaire est aussi, en creux, la marque de l’immense difficulté à inscrire dans le marbre ces droits pourtant fondamentaux.
Dans l’entreprise, l’égalité ne va pas davantage de soi. Si l’arsenal législatif existe, les mentalités ne suivent pas : Difficile prise de conscience de la part des directions, des équipes syndicales, mais aussi, bien souvent, des salariés eux-mêmes ; incapacité à identifier et à formaliser des revendications opérationnelles ; Manque de volonté d’inscrire cette question en tant que priorité haute dans les agendas de négociation. De fait, peu de choses bougent.
100 ans, c’est long. Aucun militant ne peut souhaiter que le prochain centenaire soit de la même veine. Il nous faut changer radicalement d’approche, en plaçant désormais l’égalité professionnelle en réelle priorité des secteurs professionnels et des sections qui, après constat, s’attacheront à bâtir leurs revendications et à les populariser. Au-delà des accords généraux, une approche transversale systématique est à privilégier, car elle permet d’irriguer d’autres négociations (classification, formation...). En tout état de cause, chaque disposition négociée doit s’accompagner d’indicateurs permettant d’en assurer le bilan. Enfin, ne négligeons plus le recours à la voie juridique lorsque, manifestement, l’employeur n’entend pas jouer le jeu.
Malgré toutes les désillusions quant au rythme des changements, un centenaire, ça se célèbre dignement, ne serait-ce que pour saluer le travail des générations précédentes. Le BF invite tous les adhérents de la fédération à se rapprocher des structures interprofessionnelles, et à s’inscrire dans les nombreuses initiatives qui seront organisées à cette occasion.
Le président de la République l’a encore affirmé, 2010 sera l’année de la réforme des retraites. La CFDT admet la nécessité d’agir vite, mais se refusera à agir dans la précipitation. Le temps de la concertation doit être pris, l’ouverture d’un débat citoyen est nécessaire. Pour nos échéances internes, nos positions seront adoptées au prochain congrès confédéral, après un débat largement ouvert à l’extérieur de l’Organisation.
La communauté nationale doit apporter des réponses durables sur les retraites, donnant de la visibilité à chaque salarié, quelle que soit sa tranche d’âge. Ces réponses ne pouvant se traduire par de nouvelles réductions des pensions, le débat public risque de se porter d’abord sur la durée de cotisation, l’âge de départ, ou le montant des cotisations.
La CFDT doit peser pour élargir ce débat. Au-delà des retraites se pose la question de la maladie, de la dépendance, de l’ensemble de la protection sociale. Comment régler ces problèmes de financement sans une réflexion sur le niveau des cotisations, le bien-fondé des multiples exonérations qui affaiblissent la protection sociale, la fiscalité qui n’est plus comprise du plus grand nombre car trop injuste ? Ces questions méritent d’être posées.
Chaque année, la précarisation de l’emploi fait son travail de sape sur la carrière de millions de salariés. Le gouvernement se plaît à dénoncer l’excès d’assistanat dont souffrirait la France. Nous savons au contraire, à la CFDT, combien la solidarité est et restera nécessaire envers les travailleurs pauvres, les chômeurs, les salariés usés par le travail. A nous de la faire vivre, et peut-être plus encore sur ce dossier.