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Déclarations du Bureau fédéral

Déclaration du Bureau fédéral de mai 2009

15 mai 2009

Toujours pas de sortie de crise en vue, chaque mois apporte son lot de mauvaises nouvelles. Malgré les initiatives syndicales particulièrement suivies des 29 janvier, 19 mars et 1er mai, le gouvernement, bien qu’impuissant à enrayer les effets de cette crise, reste sourd aux appels des organisations syndicales.

Dans l’unité, les syndicats ont convenu de 2 nouvelles initiatives, les 26 mai et 13 juin. Le BF appelle ses équipes à se rapprocher des structures interprofessionnelles afin d’en assurer le succès. Alors que les salariés s’interrogent légitimement sur les résultats concrets de telles actions, nous devons remettre en avant les objectifs prioritaires de ces mobilisations :

1/ A court terme, après avoir imposé la mise en place d’un Fonds d’investissement social (FISO), la CFDT exige les moyens qui lui donneront tout son sens et son efficacité. Ce fonds est au service de la formation des salariés ou demandeurs d’emploi les plus démunis face à la crise : Salariés menacés par un plan social, demandeurs d’emploi à faible qualification, jeunes primo-accédants au marché de l’emploi. L’abrogation du « bouclier fiscal », dispositif inique s’il en est, permettrait d’abonder le FISO. Le gouvernement doit l’entendre.

2/ A moyen terme, une importante rencontre aura lieu en juillet entre le Gouvernement et les partenaires sociaux. Les OS se doivent de formuler des propositions sur le partage de la richesse produite dans l’entreprise. Le constat, simple, est confirmé par un récent rapport commandité par le gouvernement : Depuis des années, les hautes rémunérations augmentent beaucoup plus vite que les basses et moyennes. Il est plus que temps de rééquilibrer les politiques salariales en faveur de salariés qui, au regard de leurs revenus, privilégieront, par nécessité, leur consommation et non l’épargne.

3/ A plus long terme, la question de la sortie de crise est posée. Repartir sur les mêmes bases, ou non ? Pour la CFDT, la réponse est évidente : Cette période difficile doit se transformer en opportunité de trouver des réponses durables aux dysfonctionnements de notre société : Excès de l’économie de marché, déséquilibres des finances publiques et des comptes sociaux, incohérences de la fiscalité, inégalités devant l’emploi...

C’est le sens que nous devons donner aux mobilisations des salariés. Aider ceux qui souffrent le plus de la crise ; Agir au niveau des entreprises pour rééquilibrer les statuts des salariés ; Refonder un pacte social chancelant afin de réduire les inégalités les plus criantes. Le Medef, étonnement silencieux, ne peut être exonéré de ses lourdes responsabilités.

De nombreux pays, y compris convertis de longue date au libéralisme débridé, semblent découvrir avec étonnement les modèles européens de protection sociale, dont le nôtre. A nous de démontrer, y compris par des décisions courageuses en matière de financement et de gouvernance, que nous tenons à leur pérennité.

Une Europe qui, bien qu’enviée par de nombreux citoyens du Monde, semble en passe d’être boudée par les électeurs le 7 juin. A la CFDT encore, vu le manque d’enthousiasme de la plupart des acteurs, de promouvoir l’idée qu’en votant le 7 juin, on peut exprimer l’envie d’une Europe plus sociale, plus proche de ses citoyens et plus attentive aux problèmes de la planète.

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