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Déclarations du Bureau fédéral

Déclaration du Bureau fédéral de mars 2009

23 mars 2009

Pour la seconde fois en moins de deux mois, des manifestations massives se sont déroulées sur l’ensemble du territoire. Des manifestations réunissant salariés du Public et du Privé, demandeurs d’emploi, retraités, étudiants, ayant en commun l’inquiétude quant à l’avenir, et le sentiment de n’être écoutés ni par le Gouvernement, ni par le patronat. Ces manifestations reçoivent le soutien sans équivoque d’une très large majorité de la population.

Le BF a réaffirmé l’importance de maintenir cette unité d’action syndicale, seule à même de créer l’indispensable rapport de force pour être enfin entendus. Il a toutefois souligné que l’unité d’action n’était pas une fin en soi, mais un moyen d’avancer vers la satisfaction des revendications CFDT. Ce que nous voulons, c’est apporter des réponses concrètes pour les salariés, et non nous laisser enfermer dans un affrontement politique qui n’est pas le nôtre.

Notre priorité est l’emploi. Pas un jour sans l’annonce de nouveaux plans sociaux, avec à la clef des milliers de salariés qui voient leur univers s’écrouler. La CFDT doit se battre d’abord sur ce front. Elle le fait au quotidien, dans les entreprises, aux côtés des salariés, pour obtenir les informations, faire respecter les procédures, user de tous les pouvoirs économiques des CE. Elle mobilise ses militants interprofessionnels dans des cellules de crise. Elle exige, au plan national, la création d’un fonds d’investissement social, destiné prioritairement à la formation des demandeurs d’emplois et des salariés menacés par un plan social. Revendication recevant un début de réponse, mais tellement insuffisant encore...

C’est dans les entreprises que se joue le sort des salariés. Mais si le gouvernement ne peut être tenu pour responsable des licenciements économiques, il ne doit pas se sentir pour autant exonéré de ses responsabilités. En prenant des mesures fiscales injustes socialement, aggravant les déficits publics, il s’est privé de marges budgétaires qui seraient bien utiles aujourd’hui en soutien au pouvoir d’achat. La CFDT exige que ces mesures soient rapportées.

Dans plusieurs de nos secteurs, la situation est critique. Côté Service public de l’emploi, la fusion ANPE / Assedic se fait dans la douleur, faute d’un management adapté et de moyens suffisants. La construction d’un SPE unifié manque totalement de lisibilité, en terme de liens entre Pôle - Emploi, AFPA, Insertion. Les Demandeurs d’emploi, et bien entendu les jeunes, sont les premières victimes de ces insuffisances.

Dans les CAF, la situation ne se rétablit pas. Le retard énorme pris dans le traitement des dossiers n’a pas été résorbé, même au prix de mesures exceptionnelles prises en terme d’heures supplémentaires, embauches CDD et fermetures d’accueil... Le RSA viendra se greffer sur une situation particulièrement explosive, le point de rupture semblant plus proche que jamais dans de nombreuses CAF.

Une situation de l’emploi qui se dégrade, un Service public de l’emploi en peine pour accueillir et orienter efficacement les demandeurs d’emploi, des CAF qui ne parviennent plus à gérer convenablement les situations des plus précaires... Le Patronat et le Gouvernement ne peuvent rester sourds plus longtemps à l’appel de la rue. Il faut rétablir du lien social au plus vite, par de justes mesures de partage des efforts ; Il faut que les CAF et le SPE puissent mener à bien, de pair avec leurs missions traditionnelles, leurs missions de sécurisation des parcours des demandeurs d’emplois et autres populations précarisées.

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