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Déclarations du Bureau fédéral

Déclaration du Bureau fédéral de janvier 2009

30 janvier 2009

Réuni le 29 janvier, le Bureau fédéral a fait le point de l’actualité revendicative, avant de suspendre ses travaux pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle parisienne. Le BF a souligné l’exceptionnelle gravité d’une crise économique mondiale que nul ne sait appréhender ni dans sa durée, ni dans son ampleur. Le pire est-il derrière nous, ou encore à venir ? L’absence de réponse nourrit l’angoisse, mais aussi la colère, de millions de salariés déjà touchés, ou menacés, de chômage et d’une précarité dans l’emploi accrue.

La journée de mobilisation interprofessionnelle et intersyndicale du 29 janvier est d’ores et déjà une double réussite.
1/ Par l’ampleur de la mobilisation, et notamment dans le privé, qui démontre le besoin des salariés d’exprimer ces sentiments face à un Etat qui semble lui-même dans l’incapacité de maîtriser la situation.
2/ par le fait que huit organisations syndicales aient su faire front commun, au-delà de la simple dénonciation de l’action gouvernementale, pour proposer des mesures concrètes en prise avec la situation que vivent les salariés et demandeurs d’emploi.

Ces propositions visent pour l’essentiel à réorienter les mesures de relance vers la sécurisation des parcours professionnels et vers le pouvoir d’achat des ménages les plus en difficulté. La crise économique se double en effet d’une crise morale qui rend la situation d’autant plus choquante : Les plus exposés à la crise trinquent alors que, structure de l’inflation aidant, d’autres catégories, totalement épargnées, se voient exonérées de tout effort de solidarité... Les inégalités s’accroissent, les salariés et demandeurs d’emploi ne peuvent plus l’accepter.

Pour que la réussite de cette journée soit totale, encore faut-il que le gouvernement soit à l’écoute. Les Organisations syndicales, avec les centaines de milliers de salariés mobilisés, sont porteuses d’un message positif et constructif. La CFDT ne souhaite pas une radicalisation du climat social, mais il est clair que si rien n’est fait pour réduire des inégalités sociales plus insupportables que jamais, ce risque existera. Après des dizaines de milliards investis pour sauver les banques, nous voulons que le gouvernement donne désormais une priorité absolue à la sauvegarde de l’emploi, à la réduction des inégalités, au soutien du pouvoir d’achat, au renforcement des garanties collectives, à la moralisation de la sphère financière, hautement responsable de la situation actuelle.

Dans nos secteurs, l’accroissement du chômage et de la précarité marque ses premiers effets. L’augmentation de la charge de travail et la complexité des situations à traiter se font sentir. Les salariés ont plus que jamais une obligation de résultats - que penserait-on d’un grave dysfonctionnement de Pôle Emploi, ou encore d’une mise en place catastrophique du RSA ? - alors que les donneurs d’ordre semblent s’exonérer de l’obligation de moyens.

Nous devons nous montrer particulièrement exigeants quant aux moyens alloués pour la réussite des missions de nos Institutions. Il nous faut stopper la course à la productivité dans les organismes de Protection sociale, renforcer les moyens de Pôle Emploi, pérenniser le financement et les missions de l’AFPA, des Missions locales... Ce travail syndical, nous devons le faire avec les salariés, vis-à-vis de nos employeurs. Nous devons également le faire vis-à-vis des tutelles et des Pouvoirs publics, en lien étroit avec l’ensemble des structures CFDT.

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