Selon une récente étude de l’Insee, la population active continuera de croître en France jusqu’en 2015. Puis se stabilisera, jusqu’en 2050, autour de 28,5 millions. Il y aurait alors 1,4 actif pour un inactif de plus de 60 ans (2,2 pour 1 en 2005). Pour mémoire, il y avait 25,8 millions d’actifs en 1995, 27 millions en 2003, 27,6 millions en 2005.
Cette étude repose :
1/ Sur l’hypothèse d’une hausse de la population globale, d’ici 2050, de 9 millions de personnes. Cette hausse résulte d’un simple maintien des tendances actuelles : Apport migratoire de 100 000 personnes par an, maintien du taux de fécondité de 1,9 enfant, et recul de la mortalité au rythme des 15 dernières années ; 2/ Sur l’hypothèse d’un relèvement du taux d’activité des seniors, ceux-ci travaillant, essentiellement du fait des réformes des retraites, un ou deux ans de plus. Il s’agirait là, par contre, d’une véritable rupture, ce taux étant en baisse régulière depuis 30 ans.
L’Insee estime qu’une marge d’erreur, même importante, sur les variables démographiques, n’aurait que peu d’impact sur le rapport actifs / retraités à l’horizon 2050. Par contre, le taux d’activité des seniors, qui joue directement sur la population active, aurait un fort impact (une précédente étude, misant sur 24 millions d’actifs en 2050, donnait 1,1 actif pour 1 retraité).
La tendance actuelle est de liquider au plus vite sa retraite, par crainte d’un durcissement ultérieur des conditions de liquidation. Si cela devait perdurer, la dégradation du rapport actifs / retraités renchérirait la charge supportée par les actifs. Jusqu’à menacer la stabilité du pacte social, n’hésitent pas à mettre en garde de nombreux spécialistes de la question.
Ce sera un enjeu majeur du prochain rendez-vous sur les retraites, en 2008 : Maintenir les seniors en activité, mais comment ? Par la revalorisation de leur rôle dans l’entreprise ? Des bonus plus séduisants ? La baisse des retraites ? L’augmentation des annuités requises ? Pas simple...